Documentaires


L’ADIEU À LA NUIT, critique de la lumière blanche.

de Nicolas Autheman


Documentaire de création

« Comme une luciole, elle finit par disparaître à notre vue et s’en va en un lieu où elle sera, peut-être, aperçue par quelqu’un d’autre, ailleurs, là ou sa survivance pourra s’observer encore. (…) L’image est un opérateur temporel de survivance – porteuse à ce titre d’une puissance relative à notre passé comme à notre actualité intégrale, donc à notre futur -, alors, il faut s’attacher à mieux comprendre son mouvement de chute vers nous, cette chute ou ce «déclin», voire cette déclinaison, (…) aujourd’hui, une disparition. » George Didi Hubermann ; La Survivance des lucioles, ed Minuit 2009

Du fait de la prolifération des centres urbains, de la pollution lumineuse, des horaires décalés, de l’éclairage permanent, du sommeil amputé, des lumières aveuglantes du spectacle et de la surveillance, la « nuit » disparaîtrait aujourd’hui en Occident selon certains observateurs avisés. Ce mouvement, en apparence irréversible, semble nous rendre inaccessible des images qui ne pouvaient apparaître que dans une certaine obscurité. Quelles sont ces images ? Que disent-elles de notre monde ? N’y a-t-il pas une vérité, une beauté, que seule la nuit rend visible ? En parcourant diverses visions (historiques, esthétiques, politiques) de la nuit en compagnie de personnages pour lesquels celle-ci agit comme un révélateur, ce film documentaire interroge le sens d’une expérience universelle en extinction.

Auteur réalisateur Nicolas Autheman / Production Minimum Moderne


VICENTE

de Michel Agier et Nicolas Autheman


Documentaire de création -Court métrage-

Dans le bidonville de Calais, le narrateur rencontre Vicente, un exilé de Guinée Équatoriale combattants les agents doubles et Barack Obama. Sa parole en apparence incohérente révèle pourtant peu à peu une étrange vérité. Et si Vicente dans sa folie, n’avait pas vu, lui, que tout est politique?

Auteur: Michel Agier, Nicolas Autheman / Réalisation : Nicolas Autheman / Image : François Joseph Botbol-Yuri Maldavsky / Son : François Joseph Botbol-Yuri Maldavsky / Montage : François Jospeh Botbol / Design Sonore : Fabien Bourdier / Musique : Pierre Fruchard / Production MINIMUM MODERNE

Diffusion  :

La Nuit de la Géographie (La Bellevilloise-avril 2017)


BERNARD CHRISTOPHE

de François-Joseph Botbol


Documentaire de création

Dans son livre Xénophobie Business, Claire Rodier, juriste, écrit à propos de la problématique migratoire actuelle que « les verrous posés ici ou là ont surtout pour conséquence de déplacer et de multiplier les routes et les points de passage empruntés par les migrants. Mais ne serait-ce pas là un des buts ? Au jeu du chat et de la souris, le chat n’a pas forcément intérêt à éliminer sa proie ».

L’escalade de la surveillance aux frontières répond-elle en effet uniquement à un besoin de sécurité des citoyens face à l’inexorable et grandissant mouvement des populations à travers le monde, ou la peur des opinions publiques occidentales est-elle entretenue par une conjonction d’intérêts économiques et politiques inavoués ? C’est à cette question que la pièce de théâtre Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu, créée par le NIMIS Groupe, tente de se confronter. Formée de jeunes comédiens européens et de six demandeurs d’asile, la troupe déconstruit les mécanismes migratoires de l’Union européenne en donnant la parole à ses protagonistes. Aux vécus joués sur scène répondent ainsi les structures concrètes de sécurité aux frontières de l’Europe, figurées ou explicites, et dont l’opacité des intérêts est interrogée en filigrane. Symbole de l’anonymat imposé tant médiatiquement que juridiquement aux « illégaux », tous portent sur scène une même identité : Bernard Christophe.

En empruntant ce nom, ce film documentaire prend le relais de l’enquête initiée par le NIMIS Groupe. Il donne à entendre et à voir un peu de ce que la pièce – fil rouge de sa narration – sous-entend, implique et questionne, mais ne met pas nécessairement en scène.

Auteur-Réalisateur François-Joseph Botbol / Production Minimum Moderne

Bellevilloise-avril 2017)


CHANT TERESTRE

de Jennifer Bonn


Documentaire de création

Ce film part à la recherche des pratiques vocales en montagne, celles des voix basques de la Haute Soule. Parmi ces voix, certaines sont en train de s’éteindre, d’autres se sont déjà tues, et d’autres encore ont perdu leur raison d’être. Ce film est le journal de bord d’une quête qui cherche, avec ses découvertes, ses échecs et ses apparitions, à remettre en scène, dans leur environnement et leur fonction sociale, ces voix oubliées.  

Chant terrestre tente de mettre en lumière la complexité d’un mouvement d’héritage, les éloignements et les rapprochements, les évolutions et les renouvellements, les points d’ancrage et les points qui doivent céder au changement.  Le chant, et la poésie lue à haute voix, ont ce don particulier de nous ramener à un ici et maintenant, de faire appel à la profondeur du temps, de nous donner en quelques mots, en quelques notes, la charge émotionnelle et l’intelligence d’une communauté qui a su durer.

Plus qu’une simple valorisation de la tradition, le film nous montre à quel point ces pratiques peuvent être des outils éminemment puissants, aujourd’hui plus que jamais, de cohésion sociale, d’équilibre émotionnel et de coopération entre les hommes.

Auteur-Réalisatrice Jennifer Bonn / Production Minimum Moderne